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Une histoire de Ballons

  • Photo du rédacteur: Karine Lassus
    Karine Lassus
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

J’aime souvent mesurer la réussite d’un voyage à vélo à l’aune de la Pyramide de Maslow. La nécessité de combler des besoins physiologiques. Pédaler, boire, manger, dormir. Simple, basique, dirait mon penseur préféré. Le tout en sécurité, plus compliqué. Et si, en plus, vous évoluez en groupe et parvenez à vous challenger, dans des paysages de toute beauté, là, c’est le graal. Je l’ai atteint dans le Sud Alsace, je vous raconte.


Chaque année depuis désormais cinq printemps, je découvre un territoire à vélo. Non pas en solo comme j’ai l’habitude de faire, mais dans un groupe de joyeux drilles. Ici la mixité est de mise et la bande résolument intergénérationnelle, de 16 à 74 ans. Notre quotidien pendant cinq étapes : des parcours savamment tracés sur de petites routes peu fréquentées, de grandes tablées et des pique-niques improvisés, des lieux de repos salvateurs, une voiture balai. Et la bonne humeur, toujours.


L’Alsace côté carte postale


Mai 2026. Le choix de la destination colle à l’actualité : direction Colmar, le sud Alsace et le Massif des Vosges. Des routes bientôt empruntées par la 113ème édition du Tour de France, et des Ballons en veux-tu en voilà, à quelques jours de la deuxième étoile du PSG. Des étoiles, on en a pris plein les yeux en traversant la Petite Venise et les jolis villages de la Véloroute du vignoble alsacien (Ribeauvillé, Riquewihr, et surtout Kaysersberg, mon 5*). Un tronçon qui a un goût de reviens-y, et pourtant nous n’avons pas visité les caves. Le Munster en revanche s’est invité sur ma table à plusieurs reprises (la véloroute entre Wintzenheim et Metzeral propose différents spots, de la Maison du Fromage aux fermes-auberges et même un drive fermier).



Dans la roue des géants vosgiens


Mais au-delà des plaisirs de la table et des paysages bien connus de l’Alsace à Vélo, d’autres reliefs chlorophyllés se dressent à quelques kilomètres, et non des moindres : le Petit Ballon, le Grand Ballon, le Ballon de Servance, le Ballon d’Alsace, à croire que le délicieux breuvage se retrouve dans toutes les coupes. Du virage Pinot au lac de Gérardmer, jusqu’aux pentes redoutées de la Planche des Belles Filles, on a roulé sur les traces du coureur de Mélisey, sans jamais l’égaler. Au pied du lac de Kruth, mes jambes se sont refusées à affronter le Col du Haag, future ascension mythique de la Grande Boucle, à n’en pas douter. Finir par le Markstein, c’est bien aussi.



Le goût du bonheur


Et puis, parfois l’ordinaire peut, selon les circonstances, vous sembler extraordinaire. Mise en situation : 15h30, sommet du col. 5ème journée de voyage à vélo, déjà 430 km et 8 000 de D+ dans les pattes. Une semaine caniculaire, 36° au compteur. Les guibolles tremblent, l’estomac crie famine. Les fermes-auberges affichent porte close. L’apparition d’un troquet se dévoile alors comme un mirage. Celui-ci est bel et bien réel : le Tremplin me fait propulse vers la délectation… à travers un plat de pâtes bolo. Sans doute le meilleur de ma vie. Agrémenté d’une tarte aux myrtilles et de la bonne humeur du tenancier, on ne pouvait rêver mieux.



Je ne sais si le bonheur est dans le pré mais il en avait la couleur, ce mardi 26 mai, sur la terrasse du Markstein.


 
 
 

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