La Grande Tournée de l’Astarac, à vélo et sans micro
- Karine Lassus
- il y a 2 jours
- 3 min de lecture

Ce mois-ci, le Ravito15 ne sera pas un lieu à proprement parler, mais davantage un ravito du cœur, de l’esprit… et du ventre aussi. Enigmatique ? Pas tant que ça. Car ceux qui ont déjà voyagé à vélo près de chez eux le savent : nul besoin d’un site emblématique ou d’un effet waouh pour s’évader. Un territoire à hauteur de cycliste offre souvent une toute autre vision. Ici, sur la GTA, c’est l’expérience qui nourrit…
Le bonheur est dans le Gers…
Mais quelle fut donc cette destination enchanteresse ? Elle tient en quatre lettres : le Gers. Il y a deux ans, je faisais la connaissance de François Bedoussac, chargé de mission passionné du Pays d’Auch. Il me présentait alors les prémices du Grand Tour de l’Astarac, une boucle cyclable dessinée autour de la préfecture gersoise. En ce week-end de mai 2026, le tracé s’est animé pour fêter la première date de la Grande Tournée de l’Astarac, la GTA.
Rien à voir avec le jeu vidéo, ici les moteurs sont dans les cuissauds ou les batteries des VAE. Pas non plus de Nikos Aliagas ou d’apprentis chanteurs : ici c’est François qui tient le micro. L’Astarac, en un seul mot, c’est ce petit territoire du sud du département du Gers. Un lieu encore confidentiel où se succèdent bastides, églises romanes et villages perchés, avec les Pyrénées en toile de fond. Et dans lequel on se régale, aussi bien sur le vélo que dans l’assiette.
… et dans l’assiette
Car le Gers a une réputation à tenir ! Dès l’inscription, le flyer annonçait la couleur : « rando cyclo joyeuse & gourmande ». Du fait maison, de l’ultra local, alléchant. Entre les rillettes de canard de St Michel, les fromages de Montégut, le pain d’épices de Vic Fezensac ou les noisettes de Panassac, la promesse fut tenue. Chaque déjeuner dans l’herbe avait un sérieux goût de reviens-y. Une sorte de carotte, après quelques belles côtes.
Des pauses fraîcheurs bienvenues : les tentes qui sèchent au soleil, les siestes improvisées sous les marronniers, ce 8 mai avait des faux airs de vacances. Le soir, ce fut ambiance guinguette et salle des fêtes, jeu de quilles, standards du rock et peña à Masseube, coucher de soleil et marshmallows grillés à Estipouy. Si le vélo creuse, les grandes tablées rapprochent. C’est simple et convivial. Et chaque jour, de nouveaux groupes se forment.
De l’intergénérationnel, du vrai
L’une des autres grandes réussites de l’événement réside dans sa capacité à réunir différentes générations, de 8 mois à 78 ans, littéralement ! C’est en sifflotant que Gérard, le doyen du groupe, a pédalé trois jours durant aux côtés de son frère Claude, avec une joie communicative. Jean-Pascal et Sandrine, deux adeptes du voyage à vélo, racontaient comment ils avaient troqué l’Asie pour l’itinérance à vélo : « depuis le covid, on apprend à découvrir la France en bikepacking, on y prend tout autant de plaisir ! ». Tandis que Maria, plus habituée au vélotaf, expérimentait son premier voyage à vélo. 150 kilomètres parcourus en 3 jours, une fierté !
Certains étaient venus entre copains, d’autres s’en sont fait de nouveaux. Forcément, suer sur 1 500m de dénivelé, ça rapproche. En VAE, en gravel, en vieux vélo Peugeot, avec ou sans portage de bagages, sous tente ou en roulotte, chacun des 120 participants est arrivé au bout, « sans encombre ni souci mécanique », précise François. Ni même une goutte de pluie : l’orage annoncé tout le week-end aura épargné les valeureux cyclistes sur leur monture…
La vie de château
Un format qui plait, y compris les locaux : sous l’arche de départ à Auch, le vote à mains levées faisait état d’une majorité de Gersois et d’Occitans, preuve le tourisme à vélo est un tourisme de proximité. « J’ai beau habiter dans le coin, j’ai découvert des portions de la V82 et de toutes petites routes que je connaissais pas, je vis ma meilleure vie », sourit Cathy, vélosophe. De cette vie parfois fantasmée autour de la ruralité : « juste » quelques bastides, castelnaux et cafés associatifs, une circulation apaisée, des paysages vallonnés et une nature qui s’éveille.
En résumé : bienveillance, gastronomie et bonne humeur, c’est sans doute ça la recette du bonheur dans le Gers.






















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