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La Fuga, un café restaurant sur les traces de l’Eroica… à Barcelone

  • Photo du rédacteur: Karine Lassus
    Karine Lassus
  • 16 avr.
  • 3 min de lecture

Ce mois-ci, le Ravito 15 prend des accents catalans… ou peut-être même italiens. Une hérésie à l’heure des Flandriennes ? Pas vraiment. Car la Catalogne à vélo a le vent en poupe, à l’aspiration du Grand Départ du Tour de France. Inconditionnelle de Gérone, c’est cette fois dans la capitale catalane que je vous embarque, à Barcelone. Vamos !



Culture vélo soignée et perfusion de café


C’est dans le quartier de l’Eixample, un peu à l’écart de l’agitation touristique, que se niche La Fuga. À première vue, le lieu coche toutes les cases du combo café x vélo x resto réussi : du café de spécialité, une cuisine fait maison (focaccia, pâtes fraîches, pizza) et une décoration cycliste chiadée. J’ai expérimenté leur plat de pâtes et leur espresso, un carburant de choix avant/après une sortie. « El mejor y el unico de Barcelona », dixit le serveur, italien. Je confirme, shot énergétique garanti.


Côté lieu, les deux terrasses extérieures ont de quoi séduire : sur rue pour profiter de l’animation locale, ou sur cour dans un patio tranquille. La déco oscille entre les « classiques » (vélos suspendus du sol au plafond, dossards et affiches sur les murs…) et des créations plus… incarnées : en témoignent  les vieux maillots recyclés en abat-jour et le visage charismatique d’Eddy en ambassadeur de boîtes caféinées. Ici, on vénère les mythes et héros du cyclisme, d’hier et d’aujourd’hui. Un mix entre tradition et créativité, qui a guidé la vision des gérants, Graciela et Miguel, deux adeptes de la petite reine.



Plus qu’un décor, un univers vélo


Soyons honnêtes, derrière les cafés vélo et autres concept stores se cache parfois une simple déco bien amenée. Absence de stationnement dédié ou de sorties organisées, tout juste quelques gapettes fixées au mur, sans vraiment créer de lien. Esthétique mais nada mas. D’autres, comme La Fuga, vont un peu plus loin et participent, à leur échelle, à la dynamique du vélo dans leur territoire. A travers un univers, une identité, un imaginaire.


Ici, l’établissement organise des social rides et propose des parcours à télécharger, route ou gravel, en boucle au départ du café (onglet « tracks » de leur site internet). Au sous-sol sont diffusées les courses cyclistes professionnelles sur grand écran, dans une cave voûtée, au frais. On y suit les courses du calendrier, hommes et femmes, c’est précisé, et ça n’est pas anodin. Car le cyclisme au féminin est une priorité. La Fuga a d’ailleurs porté en 2024 un projet pour promouvoir une équipe de gravel femmes.



Une autre Barcelone


Ce type de lieu prend une résonance particulière dans une ville en transition comme Barcelone, façonnée par le tourisme de masse. Pour s’en éloigner et découvrir la ville différemment, rien de tel que l’Eixample ou Gràcia, mon préféré. De l’authentique quelque peu gentrifié, certes, mais des quartiers plus vivants, où l’on entend encore parler catalan.


Et niveau mobilités, ça bouge. Les supermanzanas  offrent un cadre idéal pour circuler à pied ou à vélo. Ces « super-îlots » ont relégué la voiture au second plan pour laisser place à d’autres usages : rues apaisées, mobilier urbain (tables, bancs, jeux pour enfants…), pistes cyclables, les habitants se réapproprient leur quartier. En fin de journée, les plaças s’animent. A l’espagnole. Ça parle fort, ça chante, ça rit. C’est vivant.

 


Dans cette Barcelone plus locale, La Fuga trouve naturellement sa place. Elle ne révolutionne pas le genre, mais constitue un point d’ancrage pour vivre le vélo et la ville d’une autre façon. De quoi donner envie de filer vers Montjuic, toute proche. Il y a fort à parier qu’en juillet prochain, la montée deviendra la nouvelle QOM/KOM à battre !



 
 
 

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